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Le Kenya à la saison des pluies: Réserve nationale du Masaï Mara

Il faut se rendre à l'évidence : un safari en Afrique, c'est aujourd'hui un sacré budget. D'autant plus quand on opte pour une formule privative qui permet d'avoir son propre chauffeur-guide. A 4 ou 5, le budget s'allège, mais à deux, on douille ! alors il faut chercher les bonnes combines...

 

La mienne, c'est la saison des pluies ! 

"Quoi ?! mais on va pas dépenser des milliers d'euros pour se retrouver sous la flotte face aux lions !". Et ben pourquoi pas, et vous verrez au fil de cet article qu'un voyage au Kenya en avril-mai, ça a du bon!

Dès le premier jour de safari, énormément de chacals et de hyènes

Un safari loin des foules

Premier avantage, et de taille ! les voyageurs craignent la saison des pluies, car ils sont alertés par les forums, les guides de voyage, les tour opérateurs etc. que c'est LA saison à éviter au Kenya et en Tanzanie. Le risque ? de voir son séjour gâché par la flotte. Oui mais:

  1. On n'est plus sûrs de rien quand il s'agit du climat. Il devient de plus en plus difficile de donner des infos météo aux voyageurs car les pluies arrivent parfois beaucoup plus tôt... ou pas du tout !  La "grosse" saison des pluies en Afrique de l'Est est supposée tomber entre fin mars et mi-mai. Et une "petite" saison des pluies intervient en octobre-novembre. Mais ça, c'est sur le papier.
  2. Quand bien même des pluies surviennent durant son séjour, ce sont très rarement des pluies de type bretonnes, du genre grisaille et gouttes continues pendant un ou plusieurs jours d'affilée sans aucun rayon de soleil. Non, ici, on fait plutôt dans la pluie coriace, celle qui noierait un boeuf musqué, mais qui a la gentillesse de prévenir de son arrivée par de gros nuages noirs ténébreux qui se précipitent sur vous. Et seconde marque d'attention, elle part aussi vite qu'elle est arrivée, laissant place à nouveau à un gros soleil et un ciel bleu.
  3. Pendant le laps de temps où on passe à la machine à laver, soit on est tranquillement dans son lodge à admirer la tempête, soit on est dans le véhicule pour passer plus ou moins une heure à observer le comportement des animaux qui, eux, n'ont pas le toit ouvrant fermé. Et je peux vous dire que pour rien au monde j'aurais refusé de faire un safari dans ces conditions.
  4. Les lumières sont juste incroyables, on y reviendra

Du coup, on se retrouve dans le Masaï Mara, à croiser de temps en temps un véhicule par ci, un autre par là, mais sans jamais se sentir en territoire miné par le surtourisme. Et pour le respect de la faune, c'est quand même sacrément agréable (pour le respect de la photo aussi il faut dire).

 

L'été dernier, plusieurs personnes m'ont relayé des informations sur des situations aberrantes vécues dans des parcs nationaux de divers pays d'Afrique de l'Est ou australe : par exemple, un cortège de 50 land rovers encerclant deux guépards en plein festin et klaxonnant à tout va comme s'ils étaient sur le périph', ou gueulant au véhicule d'à côté qui venait obstruer la vue sur cette scène animalière. Car au final, ce qui compte, c'est la PHOTO, et donc de trouver LE bon angle pour que le client soit content (et laisse donc un pourboire conséquent à son gentil guide). Résultat, les perches à selfie sont déployées, les félins deviennent la proie des envahisseurs à 4 roues qui se fichent des nuisances mais se concentrent sur leur écran LCD affichant leur prouesse...

Vous aurez compris, j'ai de plus en plus de mal à comprendre le genre humain !

Des lumières de dingue

Cette photo ci-contre illustre parfaitement mon propos : quelques minutes à peine après notre entrée dans la réserve nationale du Masaï Mara, un orage annonçait son arrivée par de gros nuages noirs qui viennent du nord et colorent la terre, les lacs, les rivières. Bon, donc les percées du soleil qui s'abattaient sur les grandes plaines infinies contrastaient avec les zones d'ombres procurées par la végétation plus dense à certains endroits. Mais surtout, si vous regardez bien, on aperçoit au loin un petit point lumineux, presque un flash de sémaphore. Et bien c'est ce que notre guide a repéré pour en déduire qu'il s'agissait d'un guépard, que nous avons pu par la suite approcher de près.... merci la lumière !

Une ambiance si particulière

Ben alors, on n'est pas en sucre, si ? pourquoi faudrait-il craindre la pluie et s'en faire une ennemie lors d'un safari ? pourquoi ne pas la voir plutôt comme une visiteuse éphémère qui offre une expérience immersive originale ? après tout, la faune, elle, ne se plante pas dans des salons douillets au coin du feu à la moindre goutte... alors pourquoi ne pas les observer se comporter face à une bonne grosse pluie ? allez hop, on enfile un Kway, on rebâche les toiles du 4x4 et on file à l'aventure, sur les pistes désertes du parc...

Alors, convaincu ?

et comme pour nous remercier de notre visite malgré ces conditions dantesques, un beau léopard nous a honoré de sa présence et de ses nombreuses poses sur sa branche. 4 véhicules l'observaient, puis 3, puis nous étions finalement seuls...




Dans les parcs du sud du Kenya, c'est la girafe masaï que l'on peut observer. Dans les parcs du nord, c'est la plus rare girafe réticulée qui est présente. A découvrir dans mon prochain article.



Le triangle de Mara (ou Mara Conservancy)

Le coin sud-ouest de la réserve de Masaï Mara est occupé par le triangle de Mara. Délimité à l'ouest par l'escarpement de Oloololo, à l'est par la rivière Mara et au sud par la frontière tanzanienne (Serengeti), cette zone qui forme un triangle est gérée de manière un peu différente du reste de la réserve. Seuls 2 camps se situent à l'intérieur de cette zone, plus excentrée en raison de la présence de la rivière Mara qu'il faut contourner pour se rendre dans le Triangle.

 

Comme nous avons séjourné à l'Angama, situé sur les hauteurs de l'escarpement, donc à l'extérieur du parc, le triangle de Mara était "à nos pieds". Nous y avons donc fait nos safaris, et avons croisé moins de 5 véhicules de 2 safaris... dont le premier qui s'est terminé avec l'observation d'un léopard dans son arbre, sans aucun autre 4x4 autour... c'est également là que nous avons assisté à l'intimidation d'éléphants sur des lions...

 


Voilà donc une bien belle expérience que celle d'un safari à la saison des pluies dans la réserve nationale du Masaï Mara. Maintenant, il est clair que si les pluies n'ont pas d'impact sur la qualité des observations dans ces immenses plaines dégagées et non arborées, nous allons voir ce que ça donne plus au nord, dans la région de Laikipia et de Samburu. Là bas, l'altitude est plus importante, les reliefs sont davantage couverts de buissons et de forêts. C'est le territoire des rhinocéros, mais aussi de plusieurs espèces endémiques à la région. Vous m'suivez pour les découvrir ?